Août 2002

Mois en cours

Sommaire

30/08/2002 - Extrémisme

L'extrémisme politique (en premier lieu, celui de droite) chez les jeunes fait partie de ces choses que je n'arrive pas à saisir. 

Autant je m'explique (mais ne cautionne pas !) que des personnes âgées se prononcent en faveur de valeurs ultra-conservatrices, autant je comprends mal comment des jeunes peuvent y adhérer. Exercer une politique d'impunité zéro, contrôler de manière drastique l'immigration, "renvoyer dans leur pays les étrangers", voila des mesures que certains 18-25 ans aimeraient voir appliquer.
Je connais malheureusement quelques personnes qui pensent ainsi. Selon elles, seuls le FN et l'extrême-droite peuvent encore quelque chose pour la France. Mais ce qui les caractérise avant tout, c'est cette forme de haine qui ressort de chacun de leurs propos : "L'Euro, c'est une monnaie batarde" ; "La gauche, c'est de la merde !" ; "Les chômeurs sont des fainéants ; ils refusent tous de travailler." ; "Le trou dans la couche d'ozone, ça n'existe pas.", etc.
Leur manière de penser est symptomatique : assimilation, généralisation, jugements hâtifs, absence d'argumentation.

Ces jeunes participent à des débats non pas en argumentant leurs idées, mais en tentant de discréditer leurs adversaires à coup de sophismes. Je ne prendrai qu'un seul exemple, à propos du réchauffement de la planète. Alors que vous essayez de leur expliquer qu'il existe bel et bien, ces jeunes vous sortent l"'argument qui tue" : "Nous avons lu pleins d'articles expliquant que cela n'est qu'un mythe."
C'est bien connu : il faut prendre pour argent comptant tout ce que l'on est amené à lire !

Ce qui achève de vous montrer que ces jeunes, si prompts à juger, sont véritablement au courant de la situation du pays, c'est leur connaissance de la politique. Ils sont, pour la plupart, incapables de dire qui est le Premier Ministre, quelles places occupent Nicolas Sarkozy ou Michèle Alliot-Marie. 

Je ne pense pas qu'il faille tout connaître de la politique Française pour avoir des idées valables. Simplement, je constate que de nombreux jeunes pro-FN se caractérisent par un aveuglement effrayant, et surtout une totale absence d'esprit critique.

20/08/2002 - Dégoût

La ville dans laquelle je suis né, la ville dans laquelle j'ai passé les vingt premières années de ma vie accueillera donc finalement les Universités d'Été du Front National. 
Le maire d'Annecy a beau avoir tenté de s'y être opposé, d'empêcher le parti d'extrême-droite d'effectuer son rassemblement politique dans le centre des congrès de notre ville, le Conseil d'État lui a donné tort (pour plus d'infos, cliquez ici).

Je ne peux m'empêcher de ressentir un profond sentiment de dégoût devant cet état de fait.
La semaine prochaine, Annecy va être sous les feux des projecteurs pour une bien sinistre raison. J'en suis malade.

17/08/2002 - Cycles

Quand on s'apprête à attaquer un nouveau cycle, on ressent généralement une pointe d'appréhension. Et, finalement, lorsqu'on est arrivé à la fin de ce cycle et que celui-ci s'est bien passé, on ne peut s'empêcher d'éprouver un peu de tristesse.

Qui, la veille d'une rentrée scolaire marquant un important changement (entrée au collège, au lycée ou à la fac) n'a pas senti une boule au ventre ? Un brin d'anxiété devant l'inconnu.
On a beau se dire que c'est bête, qu'on s'adaptera comme on l'a fait précédemment, rien n'y fait : que ce soit la veille d'un stage ou de début d'un job, un chouia de nervosité s'empare de nous. Et finalement, le jour J arrive. Et le temps passe, de manière plus ou moins agréable.

Tout cycle a une fin et, un jour, celle-ci se rappelle à nous. Une embauche qui s'est bien passée, un stage sympa et l'on ressent de la peine. On s'est enrichi au contact de toutes ces personnes dont on a fait la rencontre. On n'a pas vraiment vu le temps passer. On s'est attaché à ce rythme de vie qu'il va falloir abandonner du jour au lendemain. Commence alors une nouvelle page de notre Vie.

Finalement, la Vie (job, amour, amitié) est une succession de périodes ponctuées par de petites naissances et de petites morts.

13/08/2002 - ...

Quelques jours de vacances, et je serai bientôt de retour. Prochain post : samedi. D'ici là profitez bien du 15 août ! 

11/08/2002 - Connaissances ...

"Je le connais depuis longtemps", "Tu le connais ?", "Ah oui, je le connais ; je l'avais rencontré il y a deux ans". S'il y a un mot que nous utilisons à toutes les sauces, c'est bien le verbe "connaître".

"Connaître quelqu'un" est une expression à laquelle nous n'attachons pas le même sens suivant le contexte dans lequel elle est prononcée. Dans le milieu professionnel, il suffit d'avoir vu la personne une ou deux fois pour dire d'elle qu'on la connaît. 
Dans la sphère privée, il est moins facile de cerner les conditions qui conduisent à employer ces mots. Ce peut être à propos d'une personne qu'on a croisé seulement une fois au détour d'un dîner. Néanmoins, généralement, le verbe "connaître" a son sens premier quand on l'utilise. C'est-à-dire qu'on sait un certain nombre de choses sur la-dite personne pour affirmer la connaître. "Un certain nombre de choses" : expression assez vague pour définir la limite entre "Je le connais mal" et "Je le connais bien".

Je suis de ceux qui pensent que des expériences en commun est un moyen indispensable pour créer des liens. Mais ce n'est pas suffisant, comme le prouve certaines rencontres dans la rue. On revoit par hasard un(e) de ses ancien(ne)s meilleur(e)s ami(e)s et on discute. On se rabat sur des valeurs sûres. En de pareils cas, comment pourrait-on prétendre qu'on connaît la personne ? On n'a pas idée des épreuves qu'elle a du affronter, des joies qu'elle a éprouvé. Bref, on est resté bloqué à ce qu'elle était il y a un, deux, cinq ou dix ans.

Autrement dit, connaître quelqu'un exige aussi bien passé que présent.

Mais quand peut-on dire qu'on connaît vraiment une personne ? Quand elle n'a plus de secret pour nous ? C'est utopique car chacun cultive un jardin intime.
Je crois qu'en fait, la question ne se pose pas ainsi. Au quotidien, c'est la complicité qui lie deux personnes qui définit cette "connaissance".

Cette complicité, ce feeling sont parfois bien plus importants qu'une prétendue connaissance.

08/08/2002 - Vincent Delerm

Il est des CD dont on entend beaucoup de bien. Des critiques élogieuses dans la presse. Des étiquettes "Coups de coeur du disquaire" dans les magasins. Mais aucun titre (ou presque) ne passe à la radio (parce que l'album n'est pas encore connu ou pas formatté pour ce type de diffusion). Alors on se méfie. On découvre parfois certaines pistes quand le CD est en libre écoute. Mais les conditions ne sont pas toujours optimales.
Parfois, j'achète donc des CD sur un coup de tête, une sorte de feeling. C'est ainsi que j'ai découvert Lene Marlin, Dido ou encore Keren Ann. Et, plus récemment, Vincent Delerm.

A mon sens, Vincent Delerm est LA révélation musicale de la première moitié de l'année. 
Tout d'abord, son album possède une véritable unité. Avec des chansons à texte. Les Inrocks ont qualifié V.Delerm de chroniqueur de luxe des trentenaires. Voilà une définition qui correspond bien à la réalité de ce disque.
Chaque piste crée une ambiance bien à elle. Contrairement à certains disques préformatés destinés à générer des tubres, l'album de Vincent Delerm regroupe des chansons dont le but n'est pas uniquement de faire vendre. L'écoute de ce CD donne la sensation qu'il a été réalisé dans le but de faire de la bonne musique.

Les textes collent à leur époque (voir par exemple, Tes Parents ou Cosmopolitan), osent dire tout haut ce qui se pense tout bas (Le Monologue Shakespearien), sont très bien structurés (La Vipère du Gabon). Les partitions suivent des gradations intéressantes. Les pistes ne suivent pas le schéma classique de la variété française (1er couplet / refrain / 2e couplet / refrain / 3e couplet / refrain ad lib.), au contraire ! Chaque chanson s'écoule naturellement avec des rythmes qui s'accélèrent ou ralentissent, des instruments qui se font entendre ou se taisent. 
Loin d'une monotonie ennuyeuse, les composition de Delerm témoignent d'un travail de fond. Comment rester insensible à cette réussite ? Comment ne pas succomber au charme de chansons comme Deauville sans Trintigant ?

Toutefois, qu'on ne s'y trompe pas, l'album de Vincent Delerm n'est pas de ces CD qu'on insère dans la platine pour servir de musique de fond alors qu'on va tapoter sur son clavier d'ordinateur. C'est plutôt un album à écouter tranquillement, au calme afin de profiter de toute sa richesse.

En tout cas, quel plaisir pour l'oreille !

05/08/2002 - Candélabres

C'est une démarche singulière qui m'a conduit à lire Candélabres d'Algésiras. Jusqu'à maintenant, je ne connaissais cette série que de "vue". Ceux qui ont l'habitude de lire beaucoup de bandes dessinées, de se rendre régulièrement dans les librairies spécialisées et de lire la presse concernée (Bo Doï, feu-Eklipse, La Lettre de Dargaud, Lanfeust, etc.) savent ce dont je parle. On n'a ni le temps matériel, ni les moyens de tout lire, même quand on est passionné. Et puis un jour, en surfant sur divers sites, je suis tombé sur Tout est Calme, le Blog d'Algésiras. C'est en le lisant que j'ai eu envie de découvrir plus précisément la série dont elle est l'auteur.

Le héros de cette histoire est un jeune Allemand, Paul Klarheit. Enfant, il était handicapé et ne pouvait pas se servir de ses jambes. Jusqu'au jour où il s'est retrouvé pris au piège dans un incendie survenu soudainement dans la forêt où il se promenait à cheval. Il s'évanouit et finit par se réveiller dans une clairière. Il trouve à ses côtés un mystérieux jeune homme tout de noir vêtu : Julien Solédango. Julien explique à Paul qu'il est désormais marcher de nouveau. Et il se retire sans avoir indiqué à Paul le prix à payer pour un tel miracle.
Il s'avère que Julien est une sorte d'esprit du feu, un Candélabre. Il a placé en Paul une source de feu inépuisable. C'est grâce à elle que le jeune allemand devient peu à peu un prodige de la danse. Mais la source de feu cause des soucis à Paul qui doit se décharger du trop plein d'énergie auprès d'un Candélabre. Avec le temps, la relation entre Julien et son protégé va d'ailleurs devenir de plus en plus ambiguë.

Les investigations de Paul lui font découvrir l'existence d'autres Candélabres. Certains convoitent la source de feu, d'autres un mystérieux chandelier. Mensonges et vérité s'entremêlent, tandis que Paul se trouve au cœur de conflits qui le dépassent. Sans compter que sa vie sentimentale est elle aussi chaotique...

Candélabres est une de ces BDs qu'on commence à lire et qu'on ne referme qu'une fois la dernière page dévorée. On attaque le tome 1 et, finalement, on ne quitte son fauteuil qu'une fois le tome 3 (dernier volume paru à ce jour) terminé.

Certes cette BD souffre de quelques (petits) défauts de jeunesse : des influences palpables aussi bien au niveau graphique que scénaristique. En outre, l'intrigue ne révèle véritablement son essence (c'est-à-dire sa dualité) que dans le second tome. Car les évènements se jouent bien sur deux plans : d'une part les mystères entourant le rôle de Paul, les Candélabres et les conflits qui les opposent. D'autre part, la vie sentimentale de Paul. Dommage que le premier tome n'insiste pas plus cette dualité. Mais je tatillonne.
Pour en finir avec les critiques, j'aborderai rapidement la colorisation de l'album ; celle-ci me paraît légèrement inégale. Certaines planches me paraissent en effet manquer un peu de "peps" de ce point de vue. Alors que d'autres planches sont littéralement transcendées par des associations judicieuses de teintes.

Candélabres renferme de grandes qualités. Tout d'abord en ce qui concerne la trame narrative : celle-ci est dense, très dense. Certaines BD franco-belges donnent la sensation que l'intrigue stagne au fil des albums. C'est loin d'être le cas ici, et tant mieux ! La mise en scène est bien pensée, et conduit le lecteur de surprises en surprises.

Que ce soit au niveau des cadrages ou de l'intrigue, Algésiras est représentative de cette nouvelle génération d'auteurs qui osent transgresser certaines règles et tabous. Je signalais auparavant des influences parfois trop perceptibles ; notez bien que la critique peut se transformer en compliment. En effet, si Candélabres tire son inspiration de plusieurs sources, cette série les marient avec bonheur. Les dessins collent bien à l'ambiance (mention spéciale aux couvertures, très réussies). Et, plus que tout, c'est cette flamme que Candélabres fait naître chez le lecteur qui est importante. Et qui témoigne de la qualité de ces albums.

Bref, en cinq mots comme en cent : à lire de toute urgence !

04/08/2002 - Version 4

Nouvelle version. Aux couleurs du Voyage de Chihiro, LE film d'animation de l'année.
Par ailleurs, avec les vacances, je m'accorde un rythme de mise à jour un peu moins régulier qu'auparavant. N'en soyez donc pas surpris ;-)
Pour finir, s'il y a une âme charitable qui peut m'expliquer pourquoi le logo estat s'affiche deux fois, je lui en serai très reconnaissant !

Edit : Merci à Delf pour ses conseils pleins de bon sens !